Chroniques Back from Wherever

Back from Wherever - Photo François Paul

A Découvrir Absolument:

Les amis de mes amis sont mes amis disait le poète urbain (sic) MC Solaar avant son tragique accident de poitrine. Sur la foi de cette phrase à honorer au rang de maxime, Pumuckl me présente sa phratrie musicale pour le meilleur (laudanaum) et parfois pour le moins bon (KAS). Mes premiers rapports avec David Fakenahm pourraient se rapprocher de mes premières écoutes de Lou Barlow sans Sebadoh. Une impression de déjà entendu et de manque. Mais comme chez mon héros à lunettes, David Fekenahm fait son trou grâce au temps (que je lui ai accordé….les amis de mes amis sont…..vous avez compris). A la fois de la famille orléanaise et de la famille des songwriters magnifiques, David Fakenahm séduit à la fois par la qualité de l’écriture (impossible d’écrire green magic en étant manchot) et aussi par son absence de contrainte, de nécessité de plaire à tous prix. Ces chansons sont lumineuses (going too far est une vraie beauté) et empreinte de nostalgie (your perfume). A n’en pas douter, les amis de David Fakenahm seront mes amis, me contentant volontiers de ses chansons. Merci Monsieur Pumuckl d’avoir insisté.

Gerald de oliveira

Attica Webzine:

On suit David Fakenahm depuis qu’il s’était mis en tête de conquérir le monde avec un groupe de rock. Depuis son groupe est mort. Le rock un peu moins. Mais lui s’entête toujours à chercher l’accord parfait. Il fait des disques alors. Il les construit patiemment chez lui entre le bandonéon de son aîné et le tapis d’éveil de la petite dernière. Au début il les rangeait par cinq sur des volumes qu’il avait baptisé simplement Histoires Courtes. Aujourd’hui il sort son premier album. Tout en pensant déjà aux deux suivants. Mais ça c’est pour l’anecdote.
Back from wherever a donc lui aussi était entièrement réalisé à la maison. Avec très peu d’apports extérieurs, si ce n’est quelques guitares fournies par Pumuckl. Malgré cela, malgré les contingences, le travail de production est remarquable. Rien ne dépasse. Le son est profond et chaleureux. Les mélodies sont accortes. Ouvragées pour que l’auditeur aux velléités d’interprète s’en empare. Back from wherever c’est une palanquée de beaux airs qui chatouillent la luette. Qui transforment une écoute respectueuse en polyphonie affreuse. C’est ce qui arrive quand on écrit de chouettes chansons. David Fakenahm s’imagine-t-il que des gougnafiers de mon espèce saccagent son travail en le beuglant lors de trajet en voiture ?  Non. Et pourtant…

Beecher

Inside Rock:

David Fakenahm est le genre de personne qu’on aimerait connaître, le genre de type capable de parler à travers sa musique, délivrant un message chaleureux et profondément humain dans un monde souvent trop déshumanisé.

Le bonhomme a déjà un passé musical. Il a d’abord travaillé en groupe, avec In Limbo, dont l’album, Pondway Sessions, date de 1999 puis en accompagnant avec sa batterie le trop confidentiel Johan Asherton sur le disque Trystero’s Empire. En puis, les choses sérieuses ont vraiment commencé pour l’artiste quand il s’est lancé seul, avec deux EP, ses Short Stories, étalées sur deux courts volumes.

En 2006, David Fakenahm a voulu prendre de l’ampleur et publier un véritable album, intention louable à l’écoute du résultat final. Tout est « fait maison », comme on dit. Le musicien compose et interprète tout chez lui, sûrement coincé entre un boulot et une vie de famille (on n’en sait rien, on suppose.) Humanité donc, car le disque respire un amour de la musique, un respect des compositions léchées, de la production travaillée au maximum avec les moyens du bord qui font plaisir à écouter. Fakenahm dans la lignée des grands self-made men pourrait, toute proportion gardée, être comparé à Mark Linkous pour cette maîtrise englobante de son projet artistique. La comparaison devrait faire plaisir à l’Orléanais, alors on l’ose.

Autre rapprochement prestigieux, Eliott Smith et ce style d’une pop teintée de folk si envoûtante et popularisée par le regretté américain. C’est la famille musicale de Fakenahm que nous retrouvons là et son disque est bien structuré entre cette insouciance juvénile de la pop (Winter In Warm, Handsome) et cette gravité sombre du folk (le sublime Your Perfume). L’univers acoustique qui domine le disque est en effet souvent relevé par quelques lignes d’électricité d’une vivacité stimulante pour l’oreille.

Sur ce disque, nous retiendrons les morceaux suivants : Kyoto, du nom du protocole, dont on ne saisit pas vraiment le texte crypté cherchant à y décrypter un probable engagement, la douceur de Green Magic qui cette fois-ci impose la vision écolo du monsieur exprimée ici sur une belle balade acoustique avec un duo guitar/keyboards réussi, et puis le poignant Your Perfume, en position conclusive du disque, somptueuse perle acoustique où Fakenahm attaque les notes de relance du morceau après les silences avec une intensité qui transmet une émotion remarquable. La voix se fait ici plus rauque, touchante, parfois magnifique.

Alors merci, David Fakenahm, merci car les gens comme vous sont ceux que l’on nomme les passionnés, ceux qui font de la musique alors que cela demande tant d’énergie que les exigences du quotidien peinent à tolérer. Il y a des centaines David Fakenahm en France, qui ne font pourtant pas la couverture de Rock’n’Folk (puisqu’il semblerait que ce soit maintenant facile). Des centaines de personnes pour qui l’horizon métro/boulot/dodo doit être dépassé par des perspectives plus stimulantes autour de notes et de cordes à pincer, de textes à écrire, de messages à délivrer. Le fait est que c’est ce disque là qui est arrivé dans ma boite aux lettres, celui de David Fakenahm, celui d’une personne sûrement remarquable.

Giom

Benzine:

Loin de la hype, loin des playlists radio et leurs rotations mastodontes qui présentent chaque jour des disques tantôt ‘indispensables’, tantôt ‘révolutionnaires’, loin des artistes aussi ‘écoutés aussitôt encensés aussitôt oubliés’, il y existe une belle scène Orléanaise qui, bon an mal an, est en train de voir le jour.

Après le splendide Sommeil Léger de Pumuckl ou le très réussi Billet Express de Karl-Alex Steffen (voir par ailleurs), c’est un autre habitué de ces pages qui revient avec un premier album, Back From Wherever. Le talentueux David Fakenahm, dont nous avions apprécié ici ses deux dernières livraisons, Short Stories vol.1 et 2.

Avec sa voix nonchalante d’artiste français qui chante en anglais (et qui pourra rebuter au départ), l’orléanais propose ici dix titres qui font, presque tous, la part belle aux guitares, aux riffs furieux et aux morceaux enlevés. On y décèle même quelques tubes potentiels : Just For Few mais surtout Winter Is Warm, au refrain entêtant et que l’on se surprendra à fredonner à longueur de journée après quelques écoutes seulement.

Roi du contre-pied et des breaks bien sentis (l’exemple parfait d’Elevator, aussi bien violenté par les guitares de Pumuckl, venu donner un coup de main, qu’atmosphérique et distordu, ou l’emballant Going too Far, entre douceur pop et rock échevelé), David Fakenahm, on le sent, se fait plaisir à donner une ampleur à ses morceaux avec un son très rock et une production bien sentie (même si on aurait préféré qu’elle ait, par moment, un peu plus d’aplomb), assez loin finalement de ses premières œuvres.

Ses premiers amours d’ailleurs, David Fakenahm ne les renie pas totalement en présentant quelques titres au folk racé et lumineux qu’il proposait sur ses Short Stories. Le tout sonne toutefois plus travaillé et plus produit que par le passé, ce qui donne deux morceaux de belle tenue : la jolie balade qu’est Green Magic et le très Beatles-ien Your Perfume.

Un morceau qui n’est rien d’autre qu’une belle manière de finir un bien joli disque qui, s’il n’est pas l’album de l’année 2006, n’en reste pas moins une belle surprise de la part d’un artiste qui n’a pour le moment jamais déçu. Puisse t-il en être ainsi pour ses prochaines aventures discographiques, que l’on espère se voir concrétiser sur un label digne de ce nom. Signature qu’il mérite amplement.

Olivier Combes

There’s always someone cooler than you:

Youpi, j’ai enfin trouvé quelqu’un qui partage ma passion fanatique pour Richard Buckner! Non content d’avoir très bon goût, David Fakenahm est aussi un songwriter émérite. Batteur à la base, il a quitté l’ombre de ses fûts pour le devant de la scène et comme pour Tim O’Reagan et Sera Cahoone (batteurs aussi) plus tôt cette année, c’est pour le meilleur.
Ce qui frappe tout de suite sur Back From Wherever, son 1er album auto-produit, c’est sa voix, profonde et atypique. A ces capacités vocales s’ajoute un talent de mélodiste, évident sur le tube de saison, Winter Is Warm. L’ensemble évoque souvent le REM des débuts, mais aussi période Monster (ces grosses guitares). Des influences americana se font également entendre en particulier sur le très western Going Too Far et son interlude façon cavalcade tandis que Kyoto offre un voyage dans les années 80. Green Magic dévoile le folkeux à la Sparklehorse qui sommeille en lui. Et le très beau Your Perfume vient conclure en délicatesse ce premier essai plein de promesses.

Thanu

Magic Box:

La musique peut offrir des bonheurs en apparence simple. Sur Just fo few, une rythmique de guitare, puis un gimmick qui se greffe, puis un autre joué à la mandoline…Sur Green Magic, une voix qui devient plus aigüe, un souffle qui l’a double sur le refrain et un piano électrique qui se copine finalement avec la guitare acoustique. Sur Handsome de beaux chœurs américanas sur une mélodie imparable. La musique de David Fakenham est faite de joies simples, née d’une envie de partager ses chansons (deux Short stories à peu d’intervalle avant ce format long) et d’un apprentissage de musicien aux côtés de Johan Asherton (charisme de star internationale, succès d’estime confidentiel). Mais par rapport à ce dernier, David Fakenahm a plutôt été marqué par le folk américain que par le britannique.
Moins soumis à ces états d’âme que ces 2 EPs, Back from wherever se la joue direct comme un bon titre de R.E.M. (I can run) ou Ron Sexmith, des titres au charme universel, séduisant de prime abord pour le plus grand nombre mais plus riches qu’il n’ y paraisse (Kyoto et ses décalages de ton, Alive et sa mélancolie diffuse). David Fakenahm est aussi à l’aise dans des balades plus rustiques, preuve que la songwriting de l’Orléanais a des bases saines ( Neil Young n’est pas loin). Des pieds bien sur Terre mais qui ne l’empêche de vouloir s’envoler (Going too far), terreau psyché oblige. Rien à redire, rien à jeter…la Nouvelle sensation du rock US vit à (la Nouvelle-) Orléans, qui l’eut cru !

Denis Z.

Mygmusique:

C’est confortablement installé dans un chalet des Pyrénées que je découvre l’univers de David Fakenahm; après 2 Ep intitulés short stories vol. 1 & 2, il nous livre avec «Back from wherever» un opus personnel et intimiste d’où s’échappent de douces mélodies pop aux accents folk.

Sur la pochette, une photo qui semble prise d’un train entre deux stations, aucune indication sur un quelconque point de départ ni sur la destination choisie mais dès les 1ères notes de «Just for few», on est comme envoûté par cette voix feutrée et délicate.

Tout en contemplant les rares arbres aux allures burtonienes, je me laisse porter par le son chaleureux de cette rythmique acoustique; une subtile mandoline se dévoile soudain renforcant cet effet de romantisme du titre.
BFW impressionne par le travail de production remarquable; les titres s’enchaînent avec fluidité alternant les atmosphères à la fois fortes et tourmentées, jouant avec les intensités et les émotions.

«Winter is warm» et sa boucle country/rock, «Elevator» au son résolument plus rock avec cette cassure imposant une sensation d’ascension ou le lumineux «Kyoto» et son intro surf-music sont autant de paysages impressionnistes qui se révèlent aux moyens de mélodies imparables.
Le second peintre de cette oeuvre se nomme d’ailleurs [Pumuckl] dont les guitares tantôt tamisées tantôt énervées distillent avec magie des accords hypnotiques nous invitant au voyage.

Au fur et à mesure des écoutes, l’alchimie se met en place, les charmes se dévoilent sous nos yeux et on se laisse doucement envelopper par le folk perlés de «Green Magic» qui colle parfaitement au chant envoûtant de David.

BFW se dessine comme un album en forme de montagnes russes où l’on passe des triturations électriques d’«Handsome» au spleenien «your perfume» et sa complainte mélancolique; un titre qui symbolise cet auteur touchant tant par cette relative simplicité que par cette voix toujours bien placée imposant sérénité et égrenant des déluges émouvants.

Altitude 0

 

 

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